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Mot de passe perdu?

Le Grand Escalier

Le Grand Escalier >> Monde Magique >> Poudlard et ses environs

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La Volière
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Serpentard
6e année
Titre : Re : La Volière
Créé : 10/05/2025 à 16:46:25

Un hoquet de surprise échappa à Sixtine, aussitôt que Faith tenta de forcer le passage pour fuir. Elle resta figée, interdite, comme si la scène avait dérapé trop vite pour qu’elle puisse suivre. Et pourtant, malgré le choc, elle refusait encore de lâcher prise, les sourcils froncés, campée sur ses certitudes. Pour elle, c’était clair. Faith avait insulté Carter à cause de qui il était.

Il n’a pas dit...

Mais la septième année ne lui laissa pas le temps de poursuivre, une vanne était ouverte et les mots coulaient tous en même temps, délivrant des tas d’informations. Tant d’informations que cela lui faisait tourner la tête. Des mots confus, douloureux. L’organisation. Les cauchemars. L’humiliation. Et ce silence soudain, ce mot suspendu au bord de ses lèvres qu’elle ne parvenait pas à prononcer, mais que son geste suffisait à hurler. Ce fut comme si le monde se figeait une seconde. Et quelque chose bascula alors.

La Préfète sentait la honte s'immiscer en elle, sourde et brutale. Aveuglée par sa colère, elle avait jugé, attaqué sans même chercher à comprendre. Sa loyauté envers Carter lui avait servi d’œillères. Et maintenant, elle voyait une fille à terre, pas un monstre. Une fille brisée, pas cruelle.

Son regard se radoucit et pour la première fois depuis qu’elle avait passé la porte de la volière, elle s’approcha sans défi, tirant calmement sa baguette de sa poche afin de débarrasser Faith des plumes, de la poussière et des fientes de hiboux à l'aide d'un sortilège.


Je pensais que tu le traitais de monstre pour une autre raison, dit-elle enfin, la voix plus basse. Une raison détestable.

Glissant sa main dans la poche de son uniforme, elle en sortit un mouchoir plié pour le tendre à Faith, cela devenait récurrent ces derniers temps définitivement, peut-être devrait-elle penser à devenir psychomage ou bien éviter de croiser trop de drames. Et, pour la première fois, elle se décida à prononcer son prénom, comme si elle acceptait enfin son existence.

Je ne l’ai pas laissé tomber, Faith. On s’est disputés. Je ne sais même pas vraiment pourquoi. Mais ce n’est pas important pour le moment.

Un silence. Puis, elle fixa son regard dans celui de la septième année.

Tu n’es pas un monstre, tu es blessée. Et parfois, quand on est blessé, on fait des trucs qu’on ne ferait jamais autrement. Est-ce que tu veux bien accepter mes excuses ?

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Poudlard
Adulte
PNJ
Titre : Re : La Volière
Créé : 11/05/2025 à 15:59:44

Une raison détestable ? Faith n'eut pas besoin de se creuser la tête trop longtemps pour comprendre. Ses sourcils se froncèrent alors qu'elle réalisait que Carter avait probablement dû comprendre la même chose. Crotte d’éruptif. Une partie vraiment méchante d'elle-même se réjouissait d'avoir probablement interféré dans cette relation qu'elle voyait comme une trahison, mais cette part d'elle-même fut vite bâillonnée par la culpabilité qu'elle ressentait. Même Carter ne méritait pas ça.

La jeune fille adressa un regard reconnaissant à Sixtine lorsqu'elle se sentit débarrassée des fientes. Son sourire était toujours triste, mais sa voix tremblait un peu alors qu'elle demanda, sans prendre le mouchoir tendu.

« Je les accepte... Mais est-ce que tu pourrais ... Enfin je ne veux... Je ne peux pas... Enfin, dit à Carter que ce n'était pas... J'aurai ressentit la même chose peu importe la personne qu'il aurait embrassé... Elle se détourna, elle avait envie de se doucher malgré le sortilège, peut-être pour pleurer encore sous l'eau qui noierait ses larmes. Mais avant de partir, elle ajouta. Merci. Pour avoir dit que je n'étais pas un monstre. Elle eut un sourire triste. Ce n'est pas vrai, mais merci. Je suis contente que vous vous soyez réconcilié. Tu es importante pour lui. Il aura besoin de toi, rien n'est finit, tout commence, et ce sont les fils et les filles qui le paieront. »

Faith cligna brusquement des paupières, elle avait eu une absence de quelques secondes. Probablement la fatigue après avoir pleuré. Mais elle était contente d'avoir dit à Sixtine ce qu'elle avait deviné dans les ronchonnements de Carter. Elle était importante pour le descendant de vélane, et même s'il ne l'avait réalisé qu'après leur dispute. Adressant un dernier signe à la préfète des serpents, elle ne se rendit pas compte qu'elle avait articulé une dernière phrase d'une voix éthérée, le regard absent. Non Faith ne pensait qu'à cette douche brulante qu'elle mourait d'envie de prendre.

Can't turn back now, I'm haunted

@PJdeCamilleDubois













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Serpentard
6e année
Titre : Re : La Volière
Créé : 12/05/2025 à 18:51:28

De longues minutes s’étaient écoulées depuis le départ précipité de Faith, mais la Préfète était restée immobile, fixant le couloir dans lequel la septième année s’était éclipsée après un dernier regard.
"Il aura besoin de toi, rien n'est fini, tout commence, et ce sont les fils et les filles qui le paieront."

La voix de la Serdaigle résonnait encore dans sa tête, obsédante. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Qui allait payer ? Et pourquoi ? Elle aurait voulu n’y voir qu’un délire dramatique d’une fille brisée. Il y avait autre chose. Quelque chose de plus plus sombre, que Faith avait frôlé du bout des lèvres. L’Organisation. Toutes les paroles de la Serdaigle flottaient dans esprit. Des manigances dans lesquelles Carter aurait trempé jusqu’à ses cauchemars qu’il faisait. Tout cela représentait un puzzle dont elle n’avait pas les pièces.

Son instinct lui criait de se précipiter jusqu’aux Serres, de retrouver sa mère et de tout lui raconter. Absolument tout. C’était ce qu’elle devait faire. Pourtant, ses pieds restaient cloués au sol. Et enfin, au bout de quelques instants supplémentaires, elle recula. Un pas. Puis deux. Tournant le dos à la volière.

Ce n’était pas son histoire. Ce n’était pas son rôle. Elle n’avait rien entendu. Faith avait parlé sous le coup de l’émotion. C’était ça. Juste des mots. Juste des mots qui ne signifiait absolument rien. Et tandis qu’elle s’éloignait à travers les couloirs du château, un doute s’enroulait tout de même autour de son cœur. Et si ce n’était pas rien ? Mais ce doute, Sixtine le repoussait déjà violemment. Ce n’était absolument rien.

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Poudlard
3e année
PNJ
Titre : Re : La Volière
Créé : 11/06/2025 à 16:01:39 - Modifié : 11/06/2025 à 17:55:08

Volière, un samedi en début d'après-midi. Il y fait un mélange étrange entre la fraicheur humide apportée par les murs épais, et de chaleur dense reflétée par le sol accablé de soleil. Les oiseaux présent se sont serrés à l'ombre, dorment, ou se sont envolés vers des endroits plus frais. Ils ont raison.

Owen s'est trouvé un coin, qu'il a nettoyé d'un vague coup de baguette magique. Quelques fientes se sont en effet volatilisées, des plumes se sont poussées sans grande conviction. Depuis qu'Owen est malade, ses pouvoirs semblent aussi tristes que lui.

Le jeune garçon ne sait pas vraiment ce qu'il fait là, assis sur la pierre. Il a ramené un nécessaire à écrire, sans grande conviction. Il ne sait pas à qui envoyer du courrier. Il regarde autour de lui. Ses paupières sont lourdes. Peut-être aurait-il mieux fait de rester au lit. Comme hier. Et avant-hier avant ça. C'est pas comme s'il allait recevoir une lettre, de toute façon.

Il regarde le bout de ses baskets, tire un peu le col de son pull. Trop chaud. Il transpire. Une ou deux gouttes se battent dans son dos, sur son front. Son pantalon d'uniforme trop serré lui fait mal au ventre. Il laissera sans doute des traces écarlates sur son passage.

Owen soupire. S'entraîne mollement à jeter quelques sortilèges de base, faisant voleter quelques brins de paille, des os de grenouilles. Ne pas perdre le peu de magie qui reste et qui vacille, comme une bougie sur le point de s'éteindre.



@lume
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Poudlard
Adulte
PNJ
Titre : Re : La Volière
Créé : 11/06/2025 à 20:19:40

Faith sautillait sur les marches menant à la volière. Elle était venue récupérer une commande qui n'était non pas des manuels pour réviser, au grand dam de ses professeurs qui désespéraient de la voir un jour partir du château, mais une commande de fioles. Alors, cher lecteur, vous pourriez vous dire que c'était pour des potions, et donc pour des cours, mais que nenni.

Faith et Sabrina, une collègue de septième année qui appréciait, ou du moins tolérait sa compagnie, avaient lancé un grand trafic de potions. C'était les bonbons d'Honeyduke qui avaient donné l'idée à Faith. Si des bonbons aussi merveilleux que ceux-ci étaient autorisés, alors quelques potions trafiquée pour apporter joie et bonheur le seraient aussi. Et ils étaient nombreux les élèves de Poudlard qui avaient envie de se jeter du haut de la tour d'Astronomie. Et même ceux qui habitaient dans les cachots. Probablement un manque de vitamine, ils avaient peu de soleil après tout.

Bref, alors qu'elle récupérait son colis, l'adolescente faillit trébucher sur un élève assis à même le sol. Se rattrapant in-extremis, elle fronça les sourcils, posant son carton sur sa hanche alors qu'elle se penchait pour mieux voir qui elle avait faillit écraser. Non que c'était réellement quelque chose de terrible que de se faire écraser par sa personne. Selon elle.

« Eeeh, mais tu devrais pas rester ici tu sais. Oh mais tu pleure ? Ah non. Ou si ? »

Oui Faith avait le tact d'un éléphant, toutefois elle s'accroupit à ses côtés, penchant sa tête ce qui fit tomber une mèche blonde devant son regard pâle. Elle ne savait pas qui était cet élève, mais elle n'aimait pas voir quelqu'un triste. Cela lui rappelait bien trop ces moments où elle pleurait seule, elle aussi. Alors, posant son carton qui fit un bruit de vaisselle cassée (Sabrina aura probablement de quoi s'occuper), elle fouilla dans ses poches et sortit une fiole (non brisée celle là) pleine d'un liquide aussi rose que ses ongles (peint avec patience par Oryæ). Elle la secoua, faisant danser les paillettes et chuchota d'un air conspirateur.

« Bon tu le dis à personne mais je suite prête à te donner ma dernière potion de chance. Que pour toi. Un peu de chance liquide tu as l'air d'en avoir super besoin. »

Un sourire sur les lèvres elle tendit la petite fiole au garçon. Évidement que ce n'était pas du Felix Felicis, Faith ne savait même pas faire la première étape de la recette sans faire exploser son chaudron, mais c'était une grenadine à la fraise agrémenté de quelques paillettes comestibles. Très jolie, très bonne, et certains élèves plus crédules lui achetaient 3 gallion la fiole. Pas mal non ?

Can't turn back now, I'm haunted

@PJdeCamilleDubois













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Poudlard
3e année
PNJ
Titre : Re : La Volière
Créé : 11/06/2025 à 20:45:10 - Modifié : 11/06/2025 à 21:08:24

De petits yeux marrons louchent sur la fiole remplie d'un liquide rose à paillettes. Pendant un instant, Owen se perd dans l'océan couleur bonbon qui brille devant ses yeux. Il contemple l'idée tendue par cette grande fille de dernière année, essayant d'ignorer son reflet déformé par la fiole.

La blonde s'est accroupie à ses côtés, le regard empli d'une aura doux-dingue. Elle pose des questions à la vitesse de l'éclair, apparemment dépourvue de toute limite. Elle fait penser à un personnage du dessin animé Big Hero Six. Mais si, vous savez, celle qui a un sac à main avec le tableau périodique dessus.

hm c'est gentil, mais je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Je prends déjà un traitement, si ça se trouve c'est pas recommandé de le mélanger avec ta potion.

Plus Owen y réfléchit, plus l'idée d'accepter, voire de boire le contenu de cette fiole lui paraît l'idée la plus stupide qu'il pourrait avoir depuis quelques minutes. Bien sûr, pense-t-il, buvons cette potion inconnue, donnée par une élève inconnue, pour une raison inconnue, qu'est-ce qui pourrait bien se passer de mal ? de plus mal que d'être coincé dans une volière, en Ecosse, en pensionnat dans une école qui ne me plaît pas et loin de ceux que j'aime ? avec des gens qui aiment les endives, qui plus est ?

Non, songe-t-il, décidément, accepter cette fiole relève de la pure folie. Et pas juste à cause d'une possible réaction avec le médicament d'Owen. Non, aussi parce qu'en fait on n'accepte pas de prendre des trucs donnés par des inconnus, qu'ils soient blonds ou non, dans une camionnette blanche ou non.

mais euh, merci hein.

marmonne-t-il, soucieux de ne pas énerver la fille.



@lume
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Poudlard
Adulte
PNJ
Titre : Re : La Volière
Créé : 11/06/2025 à 21:16:51

Faith s'installe maladroitement à ses côtés, ses longues jambes poussant la poussière ce qui lui fait plisser son nez. Mais elle sourit, loin de se vexer. Au contraire, elle fait coulisser le petit bouchon de liège et boit elle-même une gorgée du liquide rose. Le tendant à nouveau, elle insiste.

« Oh je te jure tu peux boire celle-ci. Pas de soucis. Moi aussi j'ai eu des traitements et tout, et jamais la grenadi... enfin euh, non, ça ressemble mais c'est pas du tout de la grenadine, c'est vraiment de la chance liquide, hein ? »

Mais sa bourde était équivoque et Faith soupira.

« Bon tu le répéteras pas aux autres mais je te le dis à toi, c'est que du sirop. Promis, ça te feras rien. Enfin brosse toi les dents ce soir quand même, ça peut faire des caries. Slip de Merlin, on dirait mon père. Enfin c'est mon père adoptif, mais il disait toujours ça. Peut-être parce que je mangeais beaucoup de bonbon aussi. Surtout le soir. Mais j'ai jamais eu de caries. Même pas de visite à la magicodentiste une seule fois. La chance, nan ? Je sais que certaines filles du dortoir se sont fait raccourcir les incisives cet été, tu y crois toi ? Genre Patty je crois. Tu sais qui c'est Patty ? Une serdaigle. Je la connais pas beaucoup. Avant j'étais à Serpentard, j'aimais bien, mais j'ai du changer quand j'ai redoublé. »

Sa voix s'éteignit d'elle-même après ce flot de parole ininterrompu, elle se fit légèrement pensive avant de soupirer et de poser la fiole à côté du garçon, s'il changeait d'avis. Tendant une main à la place, elle se présenta finalement.

« Ah au fait, je m'appelle Faith. Faith Fawley. Et toi ? »

Can't turn back now, I'm haunted

@PJdeCamilleDubois













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Poudlard
3e année
PNJ
Titre : Re : La Volière
Créé : 23/06/2025 à 23:06:51 - Modifié : 24/06/2025 à 18:46:41

Entre ses doigts, la potion rose semble luire. Owen regarde les paillettes tourner dans la fiole. Elles sont magnifiques. En louchant un peu, elles lui font penser à l'éclat de la lumière sur l'eau. Une pensée qui le rassure, qui lui fait l'effet d'une grande douceur. Une étreinte du passé. Il englouti le liquide, et se lèche les lèvres, écoutant les confidences de la fille. Elle est un peu bizarre, mais elle a l'air - gentil ? vraiment ? est-ce que c'est gentil de vendre de fausses potions aux gens ? bof. Mais c'est gentil de prendre le temps de discuter avec lui, et de lui donner un aperçu de ce que c'est d'être en bonne santé psychique.

Ah oui, tu as dû changer de maison ? je croyais que c'était une légende.

Une vieille histoire lui gratte le cerveau. Il lui semble avoir lu un vieux bouquin décrépi dans la bibliothèque à ce sujet. Un livre avec deux amoureux, qui se rendent aux Etats-Unis, et qui finissent par trouver l'arbre de Salazar Serpentard dans le Parc de l'école. Mais Owen n'avait jamais pu avoir le fin mot de l'histoire, le livre ayant été dévoré par le temps et quelques doxys.

Comment tu as vécu le changement ?

Owen est du genre à ne pas aimer les transitions. Les changements. Genre avant de partir, ça le saoule de partir. Mais une fois arrivé, l'idée de changer à nouveau le saoule aussi. Bref, il n'est content qu'immobile, soulagé que statufié. Alors l'idée de devoir vider son dortoir, ses habitudes, pour une nouvelle maison... brr.

Une main tendue le sort de cette pensée aussi désagréable que son pantalon trop petit ("oui, c'est le pantalon qui est trop petit ! tu n'as pas à t'adapter à tes vêtements !" aurait dit Claire). Owen la saisi sans hésiter une seconde. Il la serre peut-être un peu trop fort. C'est comme ça qu'on attrape les bouées de secours
.

Salut Faith. Je m'appelle Owen Finch.



@lume
Bibliothécaire
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Poudlard
Adulte
Titre : Re : La Volière
Créé : 17/12/2025 à 01:08:42

Jade couvait son fils d'un regard inquiet depuis l'une des fenêtres de la bibliothèque. Le temps maussade de Novembre, en Ecosse, là où la neige commençait à tomber tôt, créait une angoisse qu'elle n'avait jamais ressentie.
Lemony était Celte. C'était dans leur sang, dans leurs gènes, d'avoir besoin de la nature, d'endurer les plus violentes marées et intempéries. C'était une nuit dans le lac qui avait commencé à le guérir, là où l'eau saumâtre portait le sel de la mer, de leurs terres et îles mères.
Avalon avait répondu à sa requête en supprimant le poison et en lui indiquant quelles algues étaient le bon remède. Déesses, les fées d'Avalon avait fait plus que cela. Lors de la nuit magique des Orionides, alors qu'elle priait pour des réponses, les yeux de son fils avaient viré à une couleur indigo. Deux yeux luisant dans la nuit d'une couleur particulière. L'enfant ne s'en était pas aperçu et lorsque leurs mouvements avaient troublé le reflet des étoiles, récupéré leur couleur d'origine.
Oh, Lemony... tu stagnes, mon enfant d'ambre. Tu ne parais pas tes treize ans. Aurum et toi pourriez être jumeaux.
Dans l'uniforme d'hiver des Gryffondors, son écharpe rouge et or volant au vent, le première année paraissait soulagé d'être seul dans cette partie du parc. Le premier trimestre n'était pas terminé ; Aurum ne s'était pas encore départi de ses réflexes aristocratiques. Et savoir que sa tante, les observait le tendait : Jade le voyait lever régulièrement ses yeux d'or liquide vers la bibliothèque.
En contrebas, Lemony l'apaisait, doucement. Il posait des questions, également. Ils discutaient. Ils se touchaient, comme jamais ils n'avaient oser se toucher au Domaine. Mais c'était Aurum qui leur avait ramené l'esprit de Lemony, à défaut de guérir son corps, et voir l'adolescent aux portes de la mort l'avait traumatisé.

Le lien entre eux n'aurait pu être plus fort, et seul celui que son fils entretenait avec l'Héritière Darfklare pouvait rivaliser. Jade tentait de veiller sur elle : Lemony avait passé une semaine prisonnier d'une bulle magique durant l'été– et si la femme mettait ses s–griffes sur l'entité coupable, elle la déchiquèterait.
C'était une rumeur dans Poudlard, un murmure entre quelques Serdaigles ; Luyana Asknes, Ellie Tonks, Luan McTire... Lemony avait lâché le nom de Proventus Tal Mouldine également, glaçant Jade. Une rumeur tenant en quatre mots, sans que l'on sache s'ils étaient réels ou hallucinatoires : Île de la Perdition.
Et Thylas. Pour autant, les liens entre les Parlambre et les Darkflare étaient tendus ; l'amie de Lemony ne lui avait certainement pas pardonné ni les traumatismes de son fils, ni les années de négligeance et elle ne laissait pas Jade approcher, lorsqu'elle venait à la bibliothèque.

Tout en vérifiant les protections de la Réserve et en mettant de côté quelques livres dont les sorts paraissaient s'estomper, Lady Parlambre gardait un oeil sur les deux Héritiers dans le parc.
Elle inspecta les bois des rayonnages ; une rune lui parut étrange. Passée, et rayée de par les multiples poches pleines, colliers, bracelets...
— Cela risque de poser souci, indiqua-t-elle à sa collègue, qui triait les exemplaires de journaux mal rangés.
Travail fastidieux que Jade aurait volontiers délégué aux élèves en retenue. Que la recherche soit fastidieuse et prenne du temps, soit. Pour autant, pour que les suivants puissent, eux aussi, s'y repérer, la décence voulait que l'on remette les journaux exactement où on les avait trouvé, pas approximativement ni dans un bloc plus ou moins récolté à la va-vite à cause d'un cours mal anticipé.
— Je puis m'occuper de supprimer entièrement cette rune, et tout la protection de l'étagère, avant de les graver de nouveau, ajouta-t-elle.
Son Optimal en Etudes des Runes avait certainement pesé dans la balance lors de son recrutement. Jade était une excellente briseuse de sort, détectait la magie noire et pouvait parfaitement manier les livres de la Réserve sans se blesser.
Les Runes étant l'unique matière qu'elle avait maîtrisé entre sa deuxième et sa cinquième année, elle pouvait s'en occuper même malade, même épuisée ou presque endormie.

Son service était presque terminé : la bibliothèque allait rouvrir aux étudiants après l'heure de manutention. Par réflexe, la mère gardait un oeil sur la fenêtre, mais elle pouvait désormais lui accorder une pleine attention et sa langue claqua de désapprobation en voyant le pas lent de son fils emprunter le chemin pour accompagner Aurum jusqu'aux serres de Botanique.
N'y avait-t-il donc rien qui détournât l'enfant de son obsession pour paraître normal ? S'il ne s'échinait pas à regagner sa démarche de funambule qui effaçait un déhanché certes extrêmement connoté, mais qui n'aurait plus fait broncher qui que ce soit trois mois plus tard, voir moins, sa rééducation physique se serait déjà terminée.
A ce stade, je ne puis plus rien faire pour te convaincre. Tu t'es lié à un dragon à la fois mâle et femelle, et je sais que tu mourrais pour iel aujourd'hui encore. Tu as enduré l'enfer de la douleur. Tu as été physiquement violenté au point où la vue d'un homme adulte seul t'effraie, mais tu t'échines encore et encore.

<< Si tu n'avais pas laissé ton époux le raser de façon barbare sans réagir, ma chère soeur, peut-être Lemony aurait-il pris une décision différente. >>
— Morgane, Onyx, tais-toi, siffla-t-elle.
Son jumeau n'était pas là, mais elle l'entendait tout de même, hallucination presque trop réelle. Il ne s'agissait pas de folie, car ce n'était rien que l'homme ne lui ait déjà dit : il était la forme que prenait sa conscience.
Au retour de Poudlard de Lemony et Emerald, le jumeau de Jade avait bien failli tuer son beau-frère. Et elle était l'unique personne à le savoir. Jamais elle ne trahirait Onyx. Et lui tiendrait leur accord : ne jamais s'approcher des enfants de l'autre ni se mêler de leur éducation.
La noirceur, la haine dans les yeux noirs d'Onyx lorsque l'époux de sa soeur avait empoigné Lemony. Lorsque les outils de barbier avaient presque arraché les cheveux. Lorsque le sang avait perlé suite à un geste trop brusque.

<< Réveille-toi, Jade >>
Et c'était bien la preuve que la voix était une manifestation de sa conscience, car Onyx ignorait à peu près les tourments que traversait sa jumelle.
Le Domaine était à Lemony de droit, mais tant que son époux y serait, la sécurité de l'enfant n'était pas assurée.
Et, déesses, Jade était amoureuse. Il aurait été simple de fermer les yeux, de cajoler son mari, voire de lui opposer un ultimatum jusqu'à ce qu'il accepte Lemony.
Mais une partie de cet amour était morte la première fois que l'homme avait levé la main sur l'enfant.
Et le reste déchirait son coeur.

Lemony avait disparu de sa vue ; ce qui n'était guère étonnant étant donné l'angle de la bibliothèque. Elle put néanmoins apercevoir Catherine Spinnet, l'ancienne directrice de maison de son fils.
— J'y vais, annonça la nouvelle bibliothécaire en attrapant sa cape. Si vous avez besoin de moi, je ferai des heures supplémentaires ; néanmoins je dois absolument m'absenter.
Avec la connaissance d'une ancienne étudiante solitaire, Jade dévala un passage secret et se retrouva sur le parvis, puis dans l'herbe, en quelques minutes. La silhouette de la Directrice des Serdaigle se dirigeait vers la Volière.

La période de convalescence de Lemony touchait à sa fin. Il s'ennuyait : il écoutait les cours de Vol de toutes les années depuis leur appartement, suppliait sa mère de commencer à lui enseigner les runes, et étudiait les manuels de potion avec mélancolie.
Et l'incertitude créait la menace d'une nouvelle spirale dangereuse pour sa santé mentale.
Alors, il fallait discuter de la place de Lemony Parlambre dans Poudlard, et Jade jaugea ce moment parfaitement opportun.

***

Elle repéra son fils avant de repérer sa cible. L'enfant était recroquevillé, les yeux rivés sur les rapaces.
— Lemony ? Que se passe-t-il ?
L'inquiétude rendait sa voix sèche, mais elle la modula pour la faire passer en neutre. L'enfant eut un mouvement de recul. Il n'avait pas entièrement confiance.
— J'ai deux lettres à envoyer, dont une à Quartz. Je réfléchissais quant au parallèle entre les hiboux et chouettes utilisés par les sorciers et les pigeons utilisés par les Moldus. Ils ont délaissé ces compagnons, malgré leur potentiel extraordinaire. Leur espèce a appris, en quelque sorte, a lire. Aujourd'hui, ils errent dans les villes, méprisés...
Jade revit le livre sur la fauconnerie et les pigeonniers posé sur le lit de l'adolescent et anticipa un monologue particulièrement long.
— Nous pourrons en discuter durant le thé, mais tu es assis par terre, et je sens l'odeur du givre. Tu vas geler, en– Lemony. J'ai à parler à Miss Spinnet ; va poster tes lettres, puis rejoins-nous s'il te plaît.
Aussitôt, l'enfant plaqua son dos contre le mur, s'occasionnant une grimace et Jade fit appel à toute sa patience intérieure parce qu'il n'allait jamais guérir, à ce rythme.
Mais Lemony était déjà terrifié, inutile d'en rajouter où il se fermerait entièrement, protégé par un masque de marbre qui lui faisait plus de mal que de bien.
— Je dois te mettre en sécurité, Lemony. Et je le ferais.
— Maman. S'il te plaît. Je ne peux pas– je ne peux pas retourner à la vie en dortoir. Je suis désolé, je–
Passé au français pour se protéger, et des larmes ruisselant déjà sur ses joues rougies par le froid.
— Je sais, enfant d'ambre. Nous allons trouver.
La violence de l'amour qui la transperçait lui faisait tourner la tête. Elle avait juste sa main sur son épaule, mais tous ses instinct voulaient ramener le corps de son enfant contre elle, le cajoler, l'enlacer, lui murmurer que tout irait bien. Humer son odeur.
Sa gorge enflait à l'en faire souffrir : elle n'était plus loin des larmes.
Aimer Emerald avait été plus simple. Dès que sa fille avait compris que sa mère resterait à distance, elle en avait respecté les règles. Et puis elle était rentrée à Poudlard, où elle aurait eu, elle aussi, terriblement besoin de Jade, mais au moment où la mère tentait une approche, elle avait tranché leurs liens.
Aimer Emerald de tout son coeur ne posait aucun souci, car c'était simplement une promesse d'être là, toujours, si elle choisissait de revenir.
Lemony ?
Après une Dépression Post-Partum, un lien fort s'était noué entre eux deux. Puis les Précepteurs. Et Jade s'était perdue dans son mariage.
Depuis six mois, l'enfant s'ouvrait entièrement à elle, et les quelques filaments d'amour inconditionnel que Jade Parlambre avait laissé filtrer ne l'avaient pas préparée à ce qu'était véritablement un lien ouvert et honnête des deux côtés. La puissance explosive de l'amour qu'elle éprouvait pour son fils était presque obsessionnelle. Il était là, dans son esprit, à chaque instant. En sa présence, elle était vigilante au moindre de ses mouvements. Elle connaissait les émotions les plus fortes, et elle avait découvert que, là où elle saurait survivre, quoi que difficilement, sans son jumeau... La perte de Lemony la briserait.

Ce lien maternel avait explosé en plein vol et la rendait imprévisible. Folle de rage, prête à tout remettre en question, prête à tout sacrifier, prête à l'impensable pour l'enfant.

***
Jade monta enfin les marches en colimaçon qui menaient aux plateforme, jusqu'à y trouver Catherine Spinnet.
Etait-ce la terreur de son fils, où ses propres émotions inconnues donc difficilement gérable ?
Au fond de son estomac, la lave enragée crépitait. Jade s'incita au calme, en ayant assez entendu en deux mois pour savoir que ni l'irritation, ni une émotion plus forte, ne la mènerait où que ce soit face à Miss Spinnet.
— Bonjour.
Elles n'avaient pas encore été officiellement présentées ; Jade l'avait aperçue à la débâcle du mariage de Proventus en compagnie de sa partenaire de vie. N'était-ce pas elle qui avait récupéré le bouquet de Patsy ?
N'étant absolument pas venue pour rencontrer Catherine Spinnet, mais la Directrice des Serdaigles, elle n'y fit aucune allusion, et tendit une main polie :
— Jade Parlambre, je suis l'une des bibliothécaires recrutées cette année. Néanmoins, ce n'est pas en ce nom que je me tiens à présent. Je suis venue vous voir en tant que mère de l'un de vos Serdaigle, Lemony. Est-il possible que nous nous entretenions ensemble ? Il en a besoin... et je dois m'assurer qu'il va bien.
Jade entendit un son étranglé et se fustigea d'avoir oublié combien son enfant avait l'ouïe fine.
Elle estima qu'il ne la rejoindrait pas avant de tenir de nouveau sur ses jambes. Pour l'instant, elle n'était pas parvenue à lui faire enfiler son uniforme sans qu'il n'ait une crise d'angoisse. Ce qui mettait des bâtons dans les roues de son éducation en Divination, l'une des matières que sa mère ne pouvait pas lui enseigner.
Elle observa la Directrice, s'appliquant à diverses méthodes pour demeurer calme et immobile.
Être mère, c'était aussi avoir ce réflexe défensif vis à vis de sa progéniture, et Jade n'avait jamais appris à le gérer.
Il semblait que, afin d'éviter d'important soucis diplomatiques, elle doive se pencher bientôt sur le sujet.

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Titre : Re : La Volière
Créé : 30/12/2025 à 21:13:09

Cela faisait des mois que Catherine avait promis à Jeanne de lui envoyer une lettre. Une simple lettre, parlant du quotidien et de ses réflexions personnelles. Cela faisait aussi des mois que la professeure repoussait ce moment sans réelle raison. Car qui, à part son amie, allait lire sa missive ? Personne.

La jeune femme c'était donc donné des coup de pieds au derrière, mentalement, et elle c'était mise à écrire. Sans filtre. Sa lettre faisait au total quatre pages. Elle parlait de sa relation amicale avec Erwan, depuis la dernière fois. Elle parlait de ses petits soucis en tout genre et surtout, d'Eurydice. De l'idée saugrenue qui lui trottait dans la tête depuis le mariage avorté de la Lind et du Tal Moundine. Tous ces écrits avaient finalement servis à décharger la Québécoise de toutes ces pensées.

Lorsqu'elle eut terminé sa lettre, qu'elle avait écrite avec un bon thé fumant, la professeure s'était emmitouflé dans son manteau épais à la couleur sombre. Le froid avait officiellement pris place en Écosse et sur le domaine de Poudlard. Un froid qui n'avait rien à voir avec celui qu'elle avait connue lorsqu'elle était enfant, au Québec, mais qui était tout aussi mordant.

Traversant l'immense parc du collège, grimpant la colline menant à la volière, la Spinnet ne croisa aucune âme qui vive. Sauf ce garçon, Lemony, qui se retrouvait tout en bas de l'escalier menant au palier du bâtiment solitaire. Catherine ne fit aucun cas, posant son regard émeraude sur ce dernier, hochant tout simplement la tête à titre de salut. Le Parlambre n'avait pas fait de retour dans la Tour ouest depuis la rentrée. Ce qui avait inquiétée, juste un peu, la Directrice de Serdaigle. Cependant, après avoir reçu une lettre de la Direction, elle n'avait pas cherché à comprendre. Elle avait une cinquantaine d'autres adolescent.e.s à qui elle devait donner toute son attention.

Doucement, arrivant au palier, la brune tendit la lettre à son volatile, quand elle entendit une voix inconnue à ses oreilles. En se retournant, elle vit une femme, aux traits ressemblant à ceux du garçon qui se trouvait ici-bas. La professeure sentait que la femme cachait, mal, la colère qu'elle ressentait. Une colère dont la Spinnet ne connaissait pas les motivations. Ce qui ne la déstabilisait pas du tout, puisqu'elle en avait vu d'autres.


CATHERINE : Miss Parlambre... dit-elle en attrapant la main tendue. Je ne veux pas être impolie, mais j'ai très peu de temps. Qu'elle est la vraie raison de cette... embuscade ?

Catherine faisait rarement dans la dentelle et cela même avec les parents des enfants sous sa charge. Car elle savait comment ils étaient, étant elle-même mère. Bien que personne ne semblait avoir fait le rapprochement. Les parents avaient de belles intentions quand ils approchaient les professeur.e.s et les membres des maisons, mais lorsqu'on tendait la main, on nous prenait le bras.

Retirant justement sa main, qui était aussi froide et blanche que la météo extérieure, la Directrice de maison attendit une quelconque explication ou demande. Lemony ? Catherine ne savait pas quoi dire, puisqu'il n'avait pas mis les pieds dans la salle commune depuis belle lurette.


CATHERINE : Je ne sais pas quelle information vous cherchez... Lemony n'est pas venu, ne serait-ce que dans la Tour ouest, depuis la rentrée. Donc, quelque part, devrais-je être concernée ? La Direction m'a pourtant dit que vous vous occupiez de son éducation et je ne connais pas la nature de votre arrangement avec eux. Donc, à savoir s'il va bien, je dirais que vous êtes la mieux placée. En tant que tutrice et mère de Lemony, laissa-t-elle échapper, comme du venin. Si vous voulez bien... Je dois me préparer pour le dîner.

"Ils se fichent que tu sois gentille. Ils remarquent à peine si tu es méchante. La seule chose qui puisse les obliger à t'écouter, c'est le pouvoir."
- Circé de M.M.


Anthéa - Camille - Deliah - Eleanor - Elyna - Erwan - Eurydice - Hope - M+N+C - Maelle - Mike - Nausicaa - Proventus - Shannon - Skye

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Titre : Re : La Volière
Créé : 02/01/2026 à 16:40:16

Le decorum voulait que l'on prenne les mains tendues en guise de salutation, et c'est précisément ce que fit Catherine Spinnet.
Malheureusement pour Jade, la main de la femme était relativement douce, plus petite que celles des hommes avec laquelle elle avait récemment fait affaire, et surtout glacée.
Etant donné la température extérieure, ce n'était rien d'anormal mais les trois facteurs la renvoyèrent brutalement à Sainte Mangouste, tandis qu'elle tenait la main rigide et glacée d'un corps souffrant au fond d'un lit.
Le corps brûlant de fièvre et les extrémités glacées.
Jade avait enduré maintes humiliations au cours de sa vie, maints châtiments éducatifs interdits par le Ministère également.
Mais de la même manière que rien ne l'avait préparée au désespoir, à l'épuisement, au brouillard démuni et interminable de la Dépression Post-Partum, pas même les semaines où elle avait violemment été séparée de son jumeau, rien ne semblait pouvoir la préparer à ce qu'elle éprouvait lorsque Lemony était en jeu.

Elle ne lâcha pas la main ; elle s'y accrocha pour éviter de reculer et de chanceler, gardant comme elle le pouvait sa dignité, se réfugiant dans une expression éthérée et une présence aussi fluide que charismatique.
Quelques secondes afin d'éviter d'outrager Catherine Spinnet.
Quelques secondes, le temps de reprendre pied.
Morgane ! Mon enfant le plus jeune a treize ans, et je découvre la violence des émotions d'une mère comme lorsque j'en étais à mon quatrième trimestre de grossesse. J'ai conscience de m'être retranchée derrière Elijah, mais mon lien avec Lemony n'en a jamais pâti !
Habituée depuis toujours à gérer toutes les informations d'une pièce à la fois, y compris à tenir une conversation en en espionnant deux autres, Jade put aisément tenir tête à la Directrice des Serdaigles.
La Volière, en fin d'année, n'était sans doute pas le meilleur endroit où la rencontrer. Elle paraissait plus glaciale et indifférente encore que les rumeurs l'en créditaient.
Oh, ce que Jade en avait à faire, des rumeurs.
Elle les écoutait attentivement car les informations sont plus précieuses que toutes les pièces du monde, mais en définitive, en ce qui concernait un être vivant, elle était l'ultime décisionnaire de qui il était à ses yeux, et de la façon dont leurs vues s'alignaient et dont elle le considérait éthique.
— Je pense que vous vous fichez bien d'être impolie, commenta Jade, les yeux scintillants d'amusement.
En revanche, à sa plus grande horreur, sa voix était devenue rauque et tremblante, ne produisant pas l'effet escompté.
Cette main glacée...
La main inerte de son fils dans la sienne...
Son expression d'ordinaire aussi maîtrisée que celle d'Onyx était intuitive et suivait le courant de ses pensées se mua dans la même douleur intense et incompressible qui l'avait envahie après Basgiath.
La bouche entrouverte, la gorge sèche, les griffes de la terreur agrippant son coeur. Le corps tremblant.
Elle entendait les pas légers de son enfant là-haut et pourtant, elle éprouvait l'envie de monter les marches quatre à quatre et de l'observer, vérifier, le couvrir...
Lemony aurait tout aussi bien pu être né quelques heures plus tôt à peine.
C'était... incompréhensible.
"Je sais m'être anesthésiée, mais je n'ai jamais cessé d'être leur mère. Je ne suis pas en train de redécouvrir la maternité, les sensations décuplées, le besoin de garder mon petit auprès de moi jusqu'à être certaine qu'il ne risquait rien... Je l'ai vécu déjà."
La désagréable pensée qu'elle s'était perdue dans Elijah au point de laisser ses enfants hors du couple, au point de presque couper la maternité refaisait son apparition.
Mais il y avait Lemony au-dessus, tremblant de froid, de mal-être, de peur.
Et la Directrice des Serdaigle en face, qu'il lui fallait désarmorcer au plus vite.
Jade était-elle facilement outrée ?
Elle était bien plus susceptible depuis ses seize ans, oui. Et si elle s'efforça de garder decorum et bienséance, sa réponse fut tranchante :
— Je vous ai donné la véritable raison, et mentir n'est pas dans mes habitudes.
La façon dont son coeur tachycardait l'empêchait de réfléchir convenablement. Heureusement, la réputation de Miss Spinnet la précédait, et même si Jade attendait de se faire sa propre opinion, elle préféra directement jouer franc jeu.
— Ce n'est pas une embuscade, répondit-elle en balayant l'argument de la main d'un geste identique à celui qu'utilisait Lemony. Je n'ai jusqu'à présent pas eu le temps de m'entretenir avec vous... et à dire vrai, j'ai préféré éviter la Tour des Serdaigles. La Volière est glaciale mais elle me permettra au moins l'intimité dont j'ai besoin pour un rendez-vous entre un parent d'élève et une Directrice de Maison. Je n'ai pas le loisir de demander votre accord préalable.
Elle était véritablement débordée, et surtout peu désireuse d'attirer l'attention plus que nécessaire sur la présence de Lemony entre les murs de Poudlard.

***

— Je n'ai envoyé aucune lettre de la sorte à la Direction, lâcha Jade d'une voix aussi blanche que sa peau sous les reflets du givre.
Et pour cause. Elle était censée, en effet, devenir la référente de Lemony. Le scolariser au Domaine, comme peu d'adolescents mais de façon tout de même légale.
Le jour où elle avait appris à Elijah la décision prise, et le retour de Lemony pour le week-end afin qu'ils en discutent tous trois, l'homme avait attrapé son garçon si fort qu'il en avait eu des bleus une semaine durant.
Jade avait vu les empreintes des doigts juste à la lisière du col, là où la poigne avait serré le long de l'épaule. Elle avait remis en place l'articulation disloquée de l'autre côté.
Et les bras de l'enfant ! Bon sang, ils étaient un mélange de noir, de bleu et de jaune. Lemony avait enfilé sans broncher une robe de l'hiver précédent.
Certes, le décharnement physique de son fils, qui ne se nourrissait plus convenablement depuis des mois, avait rendu les marques de violence plus visible.

Mais la haine d'Elijah face à Lemony, ce soir-là ?
Il était presque la bave aux lèvres.
Et il n'était sujet que de l'école ! Jade n'avait pas abordé le sujet "amours de Lemony".
C'était ce soir de mai où elle avait pris conscience qu'aucun ultimatum ne mettrait son enfant en sécurité. L'homosexualité de Lemony écoeurait Elijah, comme elle écoeurait... beaucoup trop d'hommes.
Jade lisait. Et avait lu depuis plus d'essais féministes moldus en quatre mois qu'elle n'avait cru qu'il existait dans le monde. Si elle avait lu et analysé les causes de la haine des hommes à propos de ce que Lemony appelait "invertis", elle refusait de même la comprendre.
C'était... d'une profonde ineptie.
C'était aussi vide et injuste que l'interdiction ministérielle des baguettes aux créatures magiques autres que les sorciers.

Elijah avait décidé d'envoyer Lemony en Roumanie. Par un tour du destin, les Runes encourageaient cette voie, et lorsque la moitié de Poudlard s'était retrouvée à Basgiath, Jade avait compris pourquoi.
Ayant promis à son enfant de ne pas le laisser en Roumanie, elle avait profité du rapatriement à Poudlard de tous les élèves pour le ramener également.
Contre l'avis de Lemony. Il n'avait pas voulu entrer à Basgiath, puis avait refusé de le quitter. Mais il se mourait et Jade comptait sur l'aide des siens pour le guérir.

Trois possibilités.
Son époux avait envoyé cette lettre histoire que la Direction ne vienne pas vérifier l'état de l'adolescent et qu'il puisse l'éduquer à sa manière.
L'épouse d'Onyx, voyant sa belle-soeur surmenée, avait pris sur elle d'envoyer cette lettre afin de la décharger, par gentillesse et sororité.
Onyx avait pris la décision à sa place.
Oh, mieux valait pour les deux hommes que ce soit Aliénor qui soit l'autrice de la lettre, car elle au moins n'avait aucun dessein caché.

— Qu'importe. J'irai voir la Direction... ou non. La situation de Lemony n'est pas régularisée. J'ai été engagée à Poudlard comme bibliothécaire : il est autorisé à demeurer avec moi lors de sa convalescence puisque je suis, en effet, sa tutrice, sa mère, et sa Guérisseuse temporaire. Mais ce sursis se terminera en fin de trimestre. Or, pour des raisons personnelles, je n'ai pas officiellement retiré Lemony de Poudlard. Je ne suis pas sa Préceptrice privée. Je pourrai le devenir... pourtant je doute que la Direction laisse un adolescent qui n'est pas scolarisé à Poudlard vagabonder dans ses couloirs sous prétexte que sa mère y a un logement de fonction.

Jade planta ses yeux dans ceux de Catherine. Absolument pas menaçante, car elle voulait une coopération, pas un affrontement et encore moins une ennemie, mais pour signifier l'importance de ses mots... ou plutôt des sous-entendus.
— En l'état actuel, Lemony ne peut retourner au Domaine Parlambre. Que je sois avec lui ou non.
Elle appuya certains mots.
Catherine Spinnet était directrice de maison, professeure, mais elle était également une sorcière plus âgée avec sa propre enfance, adolescence, et une vie d'adulte.
Il était impossible qu'elle n'ait jamais croisé d'enfants battus, maltraités, ou en danger dans leur propre famille.
Et si un tel cas lui revenait aux oreilles concernant ses Serdaigles, sa fonction l'obligeait moralement à agir.

Malheureusement pour Jade, c'était là que le bât blessait, et la rage qui s'était évaporée fut ranimée par cette simple éticelle.
Comment est-ce que la Directrice de Lemony avait-elle pu passer à côté de la descente aux enfers de l'enfant ?
Mentalement, il était ailleurs. Hagard. Elle l'avait en cours, n'avait-elle rien remarqué ? Ses mains tremblaient tant, sur la fin, que ses lettres étaient illisibles ; impossible que ses devoirs eussent été différents.
Physiquement ? Un enfant grandit, et surtout, il ne perds pas dix kilos sans raison. Un quart de son poids, Morgane, que foutaient ces adultes, et pourquoi seule Thylas Darkflare avait-elle vu quelque chose ? Une enfant, qui avait déjà trop à porter avec la toxicité de sa famille.
Oui, Jade reconnaissait les marques lorsqu'elle les voyait. Elle avait eu les mêmes, et le mécanisme de dissociation de Thylas lors de leur unique déjeuner ensemble avait été limpide.

Demeurer calme, malgré une rage désarçonnant que la femme croyait avoir domptée des années auparavant.
Heureusement que rien chez son interlocutrice ne déclenchait ses instincts charmeurs ni la moindre envie manipulatrice. L'autre femme était froide, mais il y avait quelque chose...
"Droite dans ses bottes", avait écrit Lemony en leur annonçant le changement de direction au moment du départ de Gaiju, presque exactement un an auparavant. Et en effet, c'était l'impression de la mère également.

Cela l'aida à s'ancrer pour éviter d'écharper ce système scolaire qui lui avait pris Emerald et failli Lemony. Ce système qu'elle connaissait par coeur, qu'elle avait contourné parce qu'il n'était fait que pour une certaine partie de la population magique.
— Je suis navrée, je crains que vous ne dîniez bien plus tard ce soir, rétorqua Jade avec la tyrannie inconsciente des Aristocrates habitués à ce que le monde se plie à leurs désirs.
Elle leva une main pour faire signe à la femme d'attendre, le temps qu'elle rassemble les sujets par ordre de priorité.
— Ainsi que je vous le disais, Lemony ne peut pas retourner au Domaine, et je ne suis certaine qu'il soit longuement toléré à Poudlard. Et plus important à mes yeux...
L'adolescent écoutait, elle n'avait aucun doute là-dessus. Sa petite danse fluide et agile était presque aussi silencieuse que celle de sa mère ; les hauts de chausse qu'il portait pour le maintenir au chaud amortissaient le bruit de ses pas sur l'escalier de pierre. Mais il écoutait.
— J'accepte de lui enseigner tout ce que je puis, je serai sa tutrice, son enseignante, sans souci. Pour autant, le maintenir en huit-clos, le couper des enfants de son âge... Je suis contre cette solution. Je sais que ce n'est pas ce que vous avez proposé, ce n'est pas à vous que je m'adresse actuellement.
Elle sourit pour adoucir des paroles qu'elle trouvait trop dures ; que l'angoisse rendait trop dures peut-être.
Un froissement de tissu lui indiqua qu'en effet, son fils se trouvait juste au premier tournant, son souffle retenu.
Lorsque Lemony l'avait appelée à Pré-Au-Lard, il était dans un tel état que Jade n'avait pu qu'accepter de le retirer de Poudlard.

Mais à Sainte-Mangouste, le nombre de personnes qu'il avait citées et réclamées à ses côtés était surprenant pour un enfant qui se disait isolé et incapable de faire quoi que ce soit de convenable auprès de ses pairs.

Sentant que Catherine Spinnet n'aurait pas la patience des longues explications qui menaient à une demande, Jade décida de couper court :
— J'ai conscience de vous mettre dans une position délicate vis à vis de votre hiérarchie... mais celle-ci n'est pas toujours exemplaire. Pour rester à Poudlard, Lemony a besoin d'une attache et je suis venue... plaider pour que vous le gardiez parmi vos Serdaigle. S'il vous plaît.
Habituée à demander, exiger, ordonner, Jade s'aperçut qu'elle peinait à exprimer de l'humilité... mais que cela ne lui donnait pas l'impression d'être inférieure et de ne rien avoir, contrairement à ce qui lui avait été enseigné.
Oh, Dame Viviane, si naissait un nouvel enfant, elle choisirait pour leur éducation des Précepteurs bien différents !
— Tant que Lemony est rattaché à Serdaigle, il appartient à Poudlard. Veux-tu bien venir, s'il te plaît, mon enfant ? Je ne puis exprimer ton ressenti à ta place. Parce que les conditions de sa présence seraient peu orthodoxe, Miss Spinnet. Ce qui serait l'idéal pour Lemony est d'être affilié à Serdaigle et de suivre certains des cours en compagnie des autres : le Vol et la Divination, notamment... tout en habitant avec moi. Il serait hors du dortoir, et, je le crains, absolument pas à la table des bleus et bronze. Ce n'est pas simplement "S'il vous plaît, reprenez mon fils comme s'il n'avait jamais été désinscrit". C'est un... "s'il vous plaît, traçons une ligne spécifique à lui, qui diffère de celle des autres."

L'adolescent était descendu... pour se coller contre elle. Déesses ! Même à huit, ou même six ans, l'Héritier Parlambre n'avait jamais eu cette attitude.
Le premier réflexe de Jade fut de le repousser ; la douleur pure qui traversa le visage du garçon la fit modifier son geste ; elle appuya le long de sa colonne vertébral, comme si son but n'avait jamais été que de le faire se tenir avec la droiture digne d'un aristocrate.
Jade ne manipulerait peut-être pas la Directrice des Serdaigle, mais elle n'avait absolument pas les mêmes scrupules avec son fils.

C'était pourtant trop tard : Lemony ne se glissait plus derrière elle comme un bambin qui compte sur son parent pour le protéger des inconnus et du danger. Il s'était écarté d'un pied. Le masque de marbre avait recouvert son visage, il tenait seul et sans appuis.
Et Jade resta donc seule avec ses regrets, et une impossibilité de rattraper la situation. Il avait tenté de lui faire confiance ; elle n'avait pas seulement manqué l'occasion, elle l'avait rejeté.
"Oh, Morgane, c'est le quatrième trimestre de grossesse qui se répète, et mes échecs encore et encore. Cette fois, Onyx n'est pas là pour prendre dans ses bras l'enfant en détresse. De nouveau, il me réclame car il est vulnérable et incapable de prendre soin de lui-même. De nouveau, je suis incapable d'y répondre. Lorsqu'il avait deux semaines, je voulais fuir à l'autre bout du monde ; aujourd'hui il a treize ans je suis en colère contre lui pour se comporter de la sorte. Je n'ai vu aucun autre adolescent aussi... dépendant, aussi peu autonome..."
Et même si elle l'avait fait venir, même rejeté et tenant seul, Lemony ne décochait pas un mot face à son ancienne Directrice de Maisons. Malgré un visage inexpressif... il avait l'air misérable.

Le venin avait pratiquement quitté son corps ; c'était autre chose, et selon toute logique... c'était tout simplement Lemony.
Elle l'avait vu tantôt en meilleur état, avec sa démarche insupportable, ses sourcils levés, son parlé parfait et tout en lui criant "Aristocrate" et "Je suis un Parlambre, le monde m'est dû".
Mais loin des regards ?
Il avait assez confiance en sa mère pour lâcher prise. Visiblement, il était aussi trop tétanisé à l'idée de retourner à Poudlard pour faire semblant devant la directrice.

Lemony admirait Catherine Spinnet.
C'était un mystère que ni Jade, ni Aurum, qu'elle avait pourtant cuisiné, ne parvenaient à percer, mais l'enfant était attaché à la femme. Lui faire face, avoir la possibilité d'être de nouveau dans sa maison, aurait dû lui faire du bien.
— Lemony, c'est à ton tour de parler.
— Je vous en supplie, ne me forcez pas à retourner dans le dortoir.
Jade ferma les yeux, s'incitant au calme.
Evidemment. Il était en boucle sur ce sujet depuis six mois, et les deux femmes n'auraient sans doute d'explication qu'une fois qu'il lui serait promis que oui, il pouvait dormir dans sa chambre dans les appartements de sa mère.

— C'est exactement le but de cette discussion, Lemony. Régulariser ta présence, te permettre de jouir d'une éducation complète, tout en étant en bonne santé.
Malgré toutes ses résolutions, Jade ne put empêcher la pique de fin d'autant plus évidente qu'elle fixait Catherine droit dans les yeux en cet instant.

Une embuscade ? Cela pouvait y ressembler.
Mais au vu des tremblements de l'adolescent, comment aurait-elle pu l'emmener dans un bureau qui se situait dans la Tour des Serdaigles ?
Un soupir lui échappa, se transformant en buée.
La sorcière sortit sa baguette pour créer quelques boules de flammes bleues destinées à réchauffer un peu les alentours.
Peut-être cela mettrait-il leur interlocutrice dans de bonnes dispositions.

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Poudlard
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Titre : Re : La Volière
Créé : 20/03/2026 à 21:19:29

Pardon pour l'immense retard

Catherine écoutait attentivement les paroles de la femme, presque ennuyée. Pas qu'elle désirait manquer de respect à Miss Parlambre, mais la situation était beaucoup trop lourde. Surtout que les choses avaient changé entre-temps. Entre l'absence de Lemony au sein de la Tour ouest et ce jour. Catherine Spinnet n'était plus la Directrice de Serdaigle. Effectif depuis peu. Elle n'allait pas s'étendre sur les raisons de ce changement drastique. Car cela ne regardait en rien une pure inconnue. Toutefois, les personnes qui la connaissaient assez bien comprenaient bien les raisons derrière cette démission.

CATHERINE : Miss Parlambre, je vous arrête tout de suite. Bien que j'avais à coeur la situation de votre fils à coeur, maintenant je suis uniquement sa professeure de Défense contre les Forces du Mal. Donc, à moins que vous désirez que votre enfant prenne des cours particuliers ou si vous désirez me parler de ses notes, je ne peux plus vous aider.

La professeure s'apprêtait à poursuivre son chemin vers le haut de la volière, dans l'optique d'envoyer une lettre à une amie. Cependant, elle s'arrêta net, à hauteur de la femme. Avec une expression empreinte de désolation.

CATHERINE : Je suis désolée que Lemony ne puisse retourner sur votre domaine. Je suis désolée également de ne pouvoir faire plus. Il appartiendra à al prochaine personne de décider de ce qui est mieux pour Lemony. Si vous voulez bien m'excuser...


"Ils se fichent que tu sois gentille. Ils remarquent à peine si tu es méchante. La seule chose qui puisse les obliger à t'écouter, c'est le pouvoir."
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Serdaigle
2e année
Titre : Re : La Volière
Créé : 22/03/2026 à 23:25:06

Ne t'inquiètes pas ! Ca t'ennuie si on prolonge un peu cette interaction ?


Lemony descend les escalier en colimaçon, inconscient de la fluidité agile, inconscient de ses pas quasi-imperceptibles à l'oreille humaine normale.
Ses joues brûlent, que sa mère l'ait appelé, que les deux adultes sachent parfaitement qu'il écoutait.

Ecouter Jade plaider a toujours été fascinant. Savoir quand elle appuie spécifiquement sur ses paroles, sur son Don... Mais elle ne le fait pas face à Catherine Spinnet, et l'adolescent lui en est reconnaissant.
Sa mère a retenu l'importance que sa Directrice de Maison a pour lui.

C'est pourquoi la colère de sa mère le prend au dépourvu. Il la sent palpiter, gronder dans sa voix, dirigée contre autrui.
Evidemment, Miss Spinnet ne se laisse pas désarçonner.
— Je ne veux pas que vous partiez.
Les mots sortent seuls, avec un brin de désespoir. Sa gorge s'emplit de larmes qui, heureusement, ne se forment pas dans ses yeux.
Il n'a que trop pleuré ces dernières semaines, il est épuisé de vivre avec des migraines que rien n'apaise.
Les maux de têtes d'après pleurs ne passent qu'avec la nuit.

Il ignore qui prendra la place de Miss Spinnet, mais il risque de ne pas se sentir en sécurité dans la tour.
De ne plus jamais s'y sentir en sécurité.
Certaines personnes, il a confiance.
D'autres, il les redoute viscéralement.
Et les inconnus sont presque aussi terrifiants que la seconde catégorie.
— J'ignorais que vous partiez, déclare platement Jade.
Lemony frissonne. C'est une réponse polie, mais qui ne sert à rien. Une réponse qui prouve simplement que Jade Parlambre n'a pas encore trouvé sa voie parmi les secrets du Château, et cela la rend vulnérable.

L'impression de trahison mélangée au deuil creuse son ventre. Il se rapproche légèrement de Jade, à peine car le précédent rejet le brûle encore. L'impulsion de se jeter dans les bras de l'adulte pour pleurer est forte... mais Jade ne saura jamais que son fils l'a ressentie.
Parce qu'en le repoussant, elle l'a renvoyé dans sa spirale de solitude.
Lemony est trop à vif, et il se roulera en boule secoué de sanglots convulsifs d'ici peu. Pour l'instant, il faut juste tenir.
Attendre que Jade termine de discuter. Attendre qu'elle explique à Lemony maintes choses sur le futur... l'enfant sait qu'il sera dans le brouillard et n'entendra rien, embrumé par le choc, l'incertitude et l'horreur.
— Je suis navrée d'apprendre votre départ, reprend Jade une fois le choc passé.
Cette fois, l'inflexion alerte le jeune sorcier. La sensation que quelque chose ne va pas.
De sa mère, il émane une émotion qu'il sait reconnaître depuis son séjour à Sainte-Mangouste. La terreur du futur, l'absence d'espoirs visibles auxquels se raccrocher.
Le garçon s'éloigne vers l'escalier en titubant lorsqu'il comprend brutalement que Jade ignore désormais comme l'aider.

Sauf que son sort ne laisse pas indifférent Catherine Spinnet. Elle pourrait partir sans se retourner ; de toute évidence elle n'a pas la moindre envie de rester ici, avec Jade Parlambre. Pour autant, elle prend le temps d'exprimer sa compassion et de livrer des pistes.

Elle s'éloigne, et le corps frêle de l'adolescent réagit presque seul.
— Attendez !
Il prend soin de ne pas la toucher ; quelque part, il pressent que la femme déteste le contact autant que lui.
— Etiez-vous simplement aimable en parlant de cours privés ?
Le garçon se montre extrêmement prudent. Il ne veut pas être blessé de nouveau, même si Catherine Spinnet ne l'a jamais heurté jusqu'à présent.
Elle l'a aidé.
Elle l'a laissé vagabonder dans la tour, jusqu'aux dortoirs, comme s'il n'était jamais parti.
Et l'unique cours où elle n'a pas été présente, laissant sa place à Edward Fray, celui-ci a transformé la salle de classe en laboratoire.

Lemony n'a jamais eu de poussée de croissante ; il est aussi petit qu'à son arrivée à Poudlard. Il a traversé des tempêtes et ses yeux clairs ont clairement des brisures, mais lorsqu'il regarde dans ceux de son ancienne directrice de maison, la tête penchée en arrière, ceux-ci brillent de la même dévotion que le jour où elle lui a donné une paire de chaussettes.
— Si ce n'est pas le cas... acceptez-vous que je sois présents dans vos cours, sous le blason de Serdaigle ?
Il déglutit difficilement.
— Mais s'il s'agissait d'une réelle proposition... j'apprendrai volontiers de vous. En Défense... et concernant d'autres conseils que vous auriez à me donner.
Son ouïe capte que la respiration de Jade s'est suspendue. Elle capte, avant cela, l'air qui s'atrophie dans la gorge maternelle. Pourtant... elle l'a déjà inscrit en Divination, elle voudrait le mettre le plus rapidement possible en Vol.
Est-ce parce que Jade est entièrement capable de lui enseigner la Défense ?
Ils peinent à se comprendre, la mère et l'enfant. Ils se tendent la main mais parviennent à peine à s'effleurer les doigts.
Mais Lemony reste focalisé sur Miss Spinnet.
— Sans vous, j'aurais repoussé Thylas lorsqu'elle est revenue me voir, ou je n'aurais pas aussi bien géré la situation. Sans vous, j'aurais eu peur de me lier d'amitié avec Gwen Jenkins... et je me serai aliéné Esmée, ce soir-là. J'essaie de m'ouvrir. Et je serai peut-être... plus doué en cours particuliers. J'ai manqué une partie du programme.
Il expire doucement, inspire, expire. Rester calme, et accepter un refus possible. Être Directrice de Maison était un temps que la femme n'avait plus ; les cours particuliers n'était peut-être pas non plus dans ses possibilités.

Mais ne pas lâcher les cours de Défense est déjà important, quoi qu'il advienne.
Les pas de Jade résonnent contre la pierre. Lemony s'attend à ce qu'elle pose une main sur son épaule et son corps se rigidifie d'avance.
Parce qu'en l'instant, cela semblerait possessif, pas protecteur.
Mais Jade Parlambre se place à ses côtés, à peine en retrait, attendant simplement la réponse de la professeure, dans une position qui indique qu'elle laissera son fils décider, qu'elle s'est rapprochée pour la légalité et l'administratif.
L'adolescent regarde sa mère, le ventre noué de questions qui semblent se densifier chaque fois. Il ne parvient pas à la cerner, et il n'ose rien lui demander.
Puis, de nouveau, Miss Spinnet.
Prudent, comme toujours. Par pudeur, pour la sienne et celle de la femme. Il se doute qu'elle a identifié l'admiration qu'il lui porte, mais il ne désire rien qui ne soit hors de ses fonctions de professeur.
Fut un temps, peut-être qu'il se serait accroché, tentant d'en faire son adulte responsable. Ou pas. Ce n'est pas pour rien qu'il n'a jamais forcé et s'est relativement tenu à distance. Désormais, son adulte responsable est Jade Parlambre.
Catherine Spinnet n'a pas à s'inquiéter d'être prise pour une figure maternelle, ou trop sollicitée. Lemony est trop pudique pour cela.



Livre – Fanfiction
Une Lueur dans l'Ombre
Professeure
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Poudlard
Adulte
Titre : Re : La Volière
Créé : 12/04/2026 à 19:48:46

Aucun souci ^^

Elle n’avait pas envie d’être là. De rester là, devant cette femme qui semblait attendre quelque chose de sa part, mais aussi qui semblait avoir quelques reproches à lui faire. L’ancienne Directrice de maison n’en avait que faire, mais à cet instant précis, elle voulait qu’une chose : s’enfermer dans son bureau de Défense contre les Forces du Mal et repousser quiconque allait essayer d’y entrer. Même Erwan.

Aux réponses de la bibliothécaire, Catherine voyait bien qu’elle n’avait rien à faire de l’information que cette dernière venait de lui donner. C’était plutôt Lemony qui avait réagi et bien que la professeure ne pouvait rien promettre sans l’accord de la mère, elle avait toujours eu du mal avec le garçon. Il avait quelque chose de touchant chez lui qui faisait défaillir la jeune femme. Elle était sur le point de quitter la volière, prête à mettre toute cette conversation désagréable derrière elle, quand justement, l’adolescent l’interpella. Elle ne put faire autrement que de se retourner pour faire face à ce visage si innocent.

Elle s’approcha doucement, sans geste brusque et sans même penser, elle s’était accroupie devant le Parlambre, à hauteur d’yeux. Elle venait de mettre de côté son masque froid et distant. Chose rare devant des presque inconnus.


CATHERINE : Lemony… Ce n’est pas grâce à moi que tu as réussi tout cela. C’est toi et toi seul qui a réussi à t’ouvrir à tes camarades. Je n’ai fait que te soutenir comme je le pouvais dans ce chemin. Pour ce qui est des cours… Ta mère doit donner son accord. Je ne peux pas aller à l’encontre de ses décisions. C’est ta mère. Puis, la Direction ne serait pas d’accord que je fasse cela dans son dos et dans le leur.

Sur ces paroles, elle adressa un léger sourire au garçon. Chose encore plus rare face à un élève. Sans le toucher, elle se releva, adressa un signe de tête à la mère Parlambre.

CATHERINE : Je vais vous laisser. Si vous donnez votre accord pour que Lemony suive des cours particuliers en Défense contre les Forces du Mal, vous n’avez qu’à m’écrire et je ferai le nécessaire. Maintenant, veuillez m’excuser. Je suis attendue.

Tournant le dos au duo, la Québécoise jeta un dernier coup d’œil derrière elle, pour poser son regard émeraude sur l’élève. Son mandat de Directrice de maison avait été court, mais c’était pour des rencontres aussi touchantes qu’elle avait essayé de rester le plus longtemps possible.


"Ils se fichent que tu sois gentille. Ils remarquent à peine si tu es méchante. La seule chose qui puisse les obliger à t'écouter, c'est le pouvoir."
- Circé de M.M.


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